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Les bienfaits du jeûne, c'est du vécu !

Mis à jour : mai 16



La semaine dernière, j'ai quitté Nanterre pour passer quelques jours en vallée de Chevreuse à 40 mn de Paris.

A la lisière d'une forêt magnifique, j'ai découvert un lieu propice à la détente et à la contemplation.

Mais je ne suis pas là seulement pour un petit week-end tranquille. Je viens d'arriver dans un centre Jeûne et Randonnées !

Je suis persuadée des bienfaits du jeûne depuis longtemps, mais jusque là je m'étais limitée à un jour de jeûne ou à une mono-diète hebdomadaire. Pour pouvoir en ressentir pleinement les effets, et pouvoir en parler en connaissance de cause aux personnes que je reçois en consultation de naturopathie, j'avais besoin de faire l'expérience d'un jeûne plus long.

Comme pour beaucoup, jeûner plus d'une journée dans un environnement familier m'est difficile, il y a beaucoup trop de tentations... Alors je me suis décidée à partir jeûner 4 jours pleins dans un endroit dédié où je suis prise en charge.

Pourquoi jeûner me direz-vous?

On jeûne pour mettre son système digestif au repos car on mange tout le temps de nos jours et donc forcément, on digère tout le temps !

Le saviez-vous ? lorsque l'on digère, toutes nos autres fonctions tournent au ralenti... si l'on ne digère plus, l'organisme peut se concentrer sur des tâches bien plus importantes. Le stress physique généré par le jeûne va déclencher un phénomène de détoxification automatique. L'organisme va travailler à la régénération des cellules, à l'élimination des toxines et du tissu adipeux en excès délétère pour la santé, entre autres... car les fonctions cognitives sont également améliorées par exemple.

De plus, jeûner est l'occasion d'arrêter le temps pour une introspection, pour faire sereinement le point sur des questions en suspens dans sa vie et pour méditer.

« le jeûne est pour le monde intérieur ce que les yeux sont pour le monde extérieur » (Ghandi)

La préparation au jeûne

Avant de démarrer un jeûne - il est un incontournable dont on parle peu car ce n'est pas très glamour... mais une purge (un sachet de 20 g de chlorure de magnésium* dilué dans un litre d'eau - vendu en pharmacie - ou de nigari* en magasins bio) ou une irrigation ou hydrothérapie du côlon (prendre rdv avec un thérapeute spécialisé) est obligatoire la veille de tout jeûne qui dépassera 48 h.

En effet, le tube digestif doit être vidé, c'est un préalable absolu pour éviter de gros désagréments comme une constipation importante lors de la reprise alimentaire.

Un autre incontournable : la "descente alimentaire", il s'agit de préparer le corps progressivement et en douceur au manque de nourriture à venir.

Pour 4 jours de jeûne, il faut 4 jours de descente alimentaire (et ainsi de suite...).

On commence par exclure dès le premier jour les "faux aliments" comme le café, le thé, les sodas, l'alcool, le chocolat et bien sûr le tabac.

On exclut aussi les aliments transformés industriels et les protéines animales, sources de toxines pro-inflammatoires.

On réduit progressivement le sel et le sucre.

Dès le 2ème jour, on élimine les protéines végétales (soja, légumineuses, quinoa...) et les féculents (riz, pâtes, pain, etc.).

On conserve fruits et légumes, crus et cuits dont on augmente la consommation car il s'agit de manger sans excès mais à sa faim tout de même.

Au 4ème jour, on ne prend que soupes et jus de légumes/fruits sans sucre ajouté.

Il faut penser à manger en pleine conscience et à bien mastiquer, c'est un point extrêmement important sur lequel je reviendrai en détail dans un prochain article.

On augmente, dès le premier jour aussi, la consommation d'eau et de tisanes détoxifiantes hépatiques (mélanges contenant romarin, artichaut, chardon-marie...) et/ou diurétiques (mélanges contenant pissenlit, queues de cerises, reine des prés, aubier de tilleul...) pour commencer à nettoyer l'organisme et soutenir le foie et les reins qui vont avoir une surcharge de travail !

Cette première phase permet déjà de se sentir mieux, je me sens plus légère, "nettoyée" de l'intérieur.

Un peu de physiologie

On a du mal à le croire, nous qui sommes suralimentés en permanence, mais pourtant, un individu d'1,70 m pesant 70 kg peut survivre sans manger pendant 40 jours** (en buvant de l'eau bien sûr, il n'est question ici que de jeûne hydrique).

Lorsque l'on arrête de s'alimenter, le taux de glucose dans le sang va baisser jusqu'à atteindre un seuil critique (hypoglycémie) où le pancréas va secréter du glucagon pour mobiliser les réserves glucidiques, stockées sous forme de glycogène dans le foie (c'est la glycogénolyse).

Quand ces réserves hépatiques vont être à leur tour épuisées, le corps va chercher à produire du glucose par d'autres moyens, cette étape s'appelle la néoglycogénèse. Le foie va alors synthétiser du glycogène à partir d'acides aminés (issus des protéines musculaires) ou à partir de triglycérides (glycérol + acides gras).

Cette phase reste courte et si le jeûne se prolonge au-delà de 3 à 4 jours, l'organisme va vite mettre en place une autre stratégie pour maintenir l'homéostasie (l'équilibre du corps) sans trop puiser dans les réserves protéiques, ce qui serait très dangereux. Il va donc utiliser les réserves en acides gras du tissu adipeux et les transformer en corps cétoniques (c'est la cétogenèse) que notamment les muscles et le cerveau vont utiliser à plein car ils sont très rapidement transformés en énergie !

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la physiologie du jeûne : les hormones, les catécholamines, etc. tous ces éléments jouent un rôle extrêmement important mais je vais m'arrêter là pour ne pas perdre tous mes lecteurs :)

Le déroulement de mon jeûne


Au programme : tisane et eau filtrée à volonté toute la journée, un petit verre (environ 20 cl) de jus de légumes/fruits (à l'extracteur) le matin et un mug de bouillon de légumes filtré le soir.

A cela, il faut ajouter environ 10 km de marche à pieds dans la forêt et 2 heures de piscine chaque jour, et je me suis fait plaisir en m'accordant une séance de shiatsu en prime !

L'exercice est très important en général, mais il l'est d'autant plus lorsque l'on jeûne. En effet, il faut bouger pour éviter que le corps n'aille trop puiser dans la réserve protéique de la masse musculaire.

Je vous livre ici mon expérience personnelle, sachant que chacun vit son jeûne différemment.

  • Le premier jour se déroule sans aucun problème. L'esprit est occupé, le corps aussi et le manque de nourriture ne se fait pas sentir.

  • Le deuxième jour se déroule de même, et, bien que certaines de mes camarades jeûneuses (9 autres femmes) commencent à souffrir des symptômes classiques du jeûne, qu'on appelle les crises curatives (migraines, nausées, vertiges...), je me sens parfaitement bien.

  • Au soir du troisième jour, j'ai tout à coup un sentiment de faim qui me saute à la gorge et ne me lâche pas, tisane et eau n'y font rien... je n'ai qu'une idée en tête : manger ! Logiquement la leptine (hormone de la satiété) est censée inhiber mon appétit, d'ailleurs à partir de quelques jours, la majorité des jeûneurs n'ont plus cette sensation de faim. Pas de chance, en ce qui me concerne, c'est tout le contraire qui se produit. J'ai donc beaucoup de mal à m'endormir, je me réveille à plusieurs reprises au cours de la nuit.

  • Le quatrième jour, je me réveille exténuée mais je n'ai plus faim. Je suis prise de vertiges et je tiens difficilement sur mes jambes, j'ai la tête qui tourne. Je zappe la marche de 10 km ainsi que la piscine que je remplace par une séance de shiatsu qui réaligne mes chakras en berne !

Au final, je rentre chez moi un peu fatiguée mais je sens qu'il s'est passé quelque chose dans mon organisme. Et puis, je me sens très fière d'avoir tenu le coup, surprise aussi que ça ait été si facile finalement.

Conclusion : 2,5 kg perdus et je me sens "régénérée".

Les indications et contre-indications du jeûne

Evidemment, les jeûnes de plus de 24 h ne s'adressent pas à tous. Il faut une bonne vitalité pour ne pas s'épuiser et certaines pathologies sont absolument incompatibles avec le jeûne (diabète de type 1, anorexie, psychoses, insuffisance hépatique, artériosclérose,...***). Bien sûr, il est contre-indiqué également en cas de grossesse ou d'allaitement.

En revanche, à partir du moment où vous ne souffrez pas d'une pathologie grave, et que vous êtes prêt(e) à mettre en place une nouvelle hygiène de vie à la suite (sinon, un jeûne n'a aucun sens), le jeûne est alors conseillé en cas de stress, d'inflammation intestinale chronique, de problèmes articulaires, de cholestérolémie, de diabète de type II, d'hypertension, etc.****)

N'hésitez pas à me contacter, si vous voulez partager votre expérience ou si vous avez des questions.

* contre-indiqué en cas de problèmes rénaux

** G.F. Cahill Jr., (1970) - "Starvation in man" - The New England Journal of Medicine

*** Cette liste n'est pas du tout exhaustive, demander conseil à votre médecin si vous souffrez d'une quelconque pathologie avant d'entreprendre un jeûne

**** www.buchinger-wilhelmi.com - indications

Pour aller plus loin: "Le jeune un outil thérapeutique" - par Thierry de Lestrade - 2011 Film documentaire sur Arte

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